Sommaire
- (Haut)
- Origines et union dynastique
- Guerre de Succession d'Autriche et élévation impériale
- Règnes de Joseph II et de Léopold II
- Guerres napoléoniennes et empire d'Autriche
- Le Vormärz et les révolutions de 1848
- Guerre d'indépendance hongroise et répression
- L'ère Bach et les crises constitutionnelles
- L'Ausgleich et la double monarchie
- Développement intérieur et crises de l'État dual
- Politique étrangère et Première Guerre mondiale
- Chute de la monarchie et de Charles Ier
- Branches cadettes et territoires associés
- Statut dynastique et lignes morganatiques
- Statut juridique dans les États successeurs
- La dynastie contemporaine
- Héraldique
- Références
| Maison d'origine | Maison de Lorraine (agnatique), maison de Habsbourg (cognatique) |
|---|---|
| Fondateurs | Marie-Thérèse d'Autriche et François Ier, empereur du Saint-Empire |
| Chef actuel | Karl von Habsburg |
| Année de fondation | 1736 |
| Destitution | 1918 (Autriche-Hongrie), 1867 (Mexique), 1859-1860 (duchés italiens) |
| Branches cadettes | Habsbourg-Toscane, Autriche-Este, Habsbourg-Teschen, Hohenberg |
| Devise | A.E.I.O.U. et Viribus Unitis |
| Titres principaux | Empereur du Saint-Empire, empereur d'Autriche, roi de Hongrie, roi de Bohême |
La maison de Habsbourg-Lorraine est une dynastie impériale et royale européenne formée en 1736 par le mariage de l'archiduchesse Marie-Thérèse d'Autriche (Archduchess Maria Theresa of Austria), héritière de la maison de Habsbourg, et de François Étienne (Francis Stephen), duc de Lorraine. La dynastie a régné sur le Saint-Empire romain germanique, l'empire d'Autriche, l'empire austro-hongrois, le royaume de Hongrie, le royaume de Bohême, le grand-duché de Toscane, le duché de Modène et Reggio, ainsi que sur le Second Empire mexicain. Destituée à travers l'Europe centrale à la suite de la Première Guerre mondiale en 1918, la famille subsiste aujourd'hui sous la direction de Karl von Habsburg.
Origines et union dynastique
La maison de Lorraine tire ses origines traditionnelles des Gérardides, descendant de Gérard Ier de Paris, décédé en 779.[1] Les Matfridingues du Xe siècle étaient également considérés comme une branche de cette famille, détenant le comté de Metz et administrant des territoires en Alsace et en Lorraine.[1] Pendant la Renaissance, les ducs régnants revendiquaient une descendance de Charlemagne, bien que les premiers liens généalogiques restent conjecturaux.[1][2] En 1048, l'empereur du Saint-Empire Henri III conféra le duché de Haute-Lorraine à Adalbert de Metz, puis à son frère Gérard, dont les descendants formèrent la maison d'Alsace ou maison de Châtenois.[3] La ligne principale conserva le contrôle du duché jusqu'en 1431, date à laquelle Charles II mourut sans héritier mâle.[3] Le duché passa alors par sa fille Isabelle à son mari René d'Anjou, puis à leur petit-fils Nicolas Ier. Après la mort de Nicolas sans descendance mâle en 1473, la succession revint à René II, fils de Yolande (tante de Nicolas) et de Frédéric II, comte de Vaudémont, unissant ainsi la Lorraine à la branche cadette de Vaudémont et de Bar.[4]
Pendant les guerres de Religion en France, une branche cadette de la famille, la maison de Guise, fondée par Claude de Lorraine (Claude, Duke of Guise), fils cadet de René II, accéda à une position dominante dans la politique royale française, faillissant s'emparer du trône de France sous le règne de Henri III.[5] Au XVIIe siècle, l'expansion impérialiste de Louis XIV entraîna l'occupation militaire française de la Lorraine entre 1669 et 1697. Cela contraint le duc Charles V à s'exiler en Autriche, où il épousa Éléonore, fille de l'empereur du Saint-Empire Ferdinand III. Leur fils Léopold fut rétabli dans le duché par le traité de Ryswick en 1697 et épousa par la suite Élisabeth-Charlotte d'Orléans, nièce de Louis XIV. Leur fils François-Étienne devint le duc François III de Lorraine en 1729.
La maison de Habsbourg tire son nom du château de Habsbourg, érigé dans les années 1020 par le comte Radbot de Klettgau dans l'Argovie suisse. Son petit-fils Othon II fut le premier à adopter le titre de comte de Habsbourg. En 1273, Rodolphe de Habsbourg, descendant de Radbot, fut élu roi des Romains, transférant la base du pouvoir dynastique au duché d'Autriche. L'empereur du Saint-Empire Charles VI fut le dernier monarque en ligne masculine directe des Habsbourgs d'Autriche. Ayant perdu son unique fils en bas âge, Léopold, et anticipant l'extinction de la lignée masculine, Charles VI promulgua la Pragmatique Sanction le 19 avril 1713, établissant une succession indivisible par les femmes. Par cet acte, sa fille aînée, l'archiduchesse Marie-Thérèse, fut désignée héritière des domaines héréditaires des Habsbourgs, incluant l'Autriche, la Bohême et la Hongrie.
Charles VI organisa le mariage de Marie-Thérèse avec François-Étienne de Lorraine. Pour obtenir le consentement de la France à cette union et maintenir l'équilibre des pouvoirs en Europe, des négociations diplomatiques aboutirent à un échange de territoires à la suite de la guerre de Succession de Pologne. François-Étienne renonça à ses duchés ancestraux de Lorraine et de Bar au profit de Stanislas Leszczynski, roi déchu de Pologne et beau-père de Louis XV, à condition qu'ils soient rattachés à la France à la mort de Leszczynski. En compensation, François-Étienne reçut la réversibilité du grand-duché de Toscane, où la dynastie des Médicis s'éteignait, ainsi que le duché de Teschen. François-Étienne conserva les titres héréditaires de duc de Lorraine et de Bar, les transmettant à sa descendance. Le mariage fut célébré à Vienne le 12 février 1736, fondant ainsi la maison de Habsbourg-Lorraine.
Guerre de Succession d'Autriche et élévation impériale
À la mort de l'empereur Charles VI en 1740, Marie-Thérèse assuma la souveraineté sur les terres héréditaires des Habsbourgs conformément à la Pragmatique Sanction.[6] Son accession fut immédiatement contestée par une coalition comprenant la Prusse, la France, l'Espagne, la Bavière et la Saxe, déclenchant la guerre de Succession d'Autriche.[6][7] Le roi Frédéric II de Prusse envahit la province autrichienne de Silésie, un centre minier et textile prospère des terres de la couronne de Bohême. L'État autrichien faisait face à une désorganisation administrative et à des finances épuisées, contraignant Marie-Thérèse à défendre son patrimoine contre des armées étrangères alliées.
En 1742, Charles-Albert, électeur de Bavière, fut élu à l'unanimité empereur du Saint-Empire sous le nom de Charles VII avec l'appui de la France, interrompant trois siècles d'occupation ininterrompue du trône impérial par les Habsbourgs.[8] Cependant, les armées autrichiennes lancèrent des contre-offensives, expulsant les forces bavaroises de Bohême et occupant la Bavière elle-même. Lorsque Charles VII mourut en 1745, Marie-Thérèse obtint l'élection de son époux François-Étienne comme empereur du Saint-Empire sous le nom de François Ier le 13 septembre 1745. Le traité d'Aix-la-Chapelle en 1748 conclut le conflit, confirmant formellement la Pragmatique Sanction et la reconnaissance internationale du règne de la nouvelle dynastie, bien que l'Autriche dût céder la Silésie à la Prusse, ainsi que Parme, Plaisance et Guastalla aux Bourbons d'Espagne.
Déterminée à récupérer la Silésie, Marie-Thérèse initia la révolution diplomatique de 1756 par l'intermédiaire de son chancelier d'État Wenzel Anton von Kaunitz, concluant une alliance avec la France et mettant fin à des siècles d'animosité entre Habsbourgs et Bourbons. La guerre de Sept Ans qui s'ensuivit, entre 1756 et 1763, ne permit pas de regagner la Silésie, mais l'alliance française conduisit à de multiples mariages politiques entre les enfants de François Ier et de Marie-Thérèse et les cours bourboniennes de France, d'Espagne, de Naples et de Parme. Leurs filles Marie-Antoinette et Marie-Caroline devinrent respectivement reines consorts de France et de Naples-Sicile. Ces mariages consanguins répétés entraînèrent une forte mortalité infantile et des infirmités physiques chez plusieurs descendants, tout en aliénant les petites principautés germaniques qui se tournèrent de plus en plus vers la Prusse pour assurer leur direction.
Règnes de Joseph II et de Léopold II
Après la mort de l'empereur François Ier en 1765, son fils aîné Joseph II fut élu empereur du Saint-Empire et servit de corégent avec Marie-Thérèse dans les terres autrichiennes jusqu'à la mort de cette dernière en 1780. Joseph II mit en œuvre des réformes d'envergure ancrées dans le despotisme éclairé, modernisant l'administration et réduisant les privilèges de l'Église catholique romaine. En Hongrie, Joseph II refusa de se faire couronner avec la Sainte Couronne de saint Étienne afin d'éviter de prêter le serment de couronnement obligatoire qui maintenait la constitution féodale et les privilèges des ordres, ce qui lui valut le surnom de « roi chapeauté » (kalapos király). En 1784, il ordonna le transfert de la Sainte Couronne à Vienne pour en faire une pièce de musée.
Joseph II promulgua l'édit de tolérance en 1781, accordant la liberté religieuse et l'accès aux charges civiles aux protestants et aux chrétiens orthodoxes sur un pied d'égalité avec les catholiques romains. En 1782, ses décrets de sécularisation dissolvèrent les ordres monastiques contemplatifs qui ne se consacraient pas à l'enseignement ou aux soins médicaux, et confisquèrent leurs biens ; une visite extraordinaire du pape Pie VI à Vienne ne parvint pas à inverser ces mesures. En 1784, il décréta que l'allemand serait la seule langue officielle de l'administration pour accroître l'efficacité bureaucratique, ce qui provoqua l'indignation de la noblesse hongroise. Il ordonna un recensement en 1784 et un cadastre en 1786, que les ordres interprétèrent comme des préparatifs à une fiscalité universelle. En 1785, Joseph abolit le système administratif historique des comtés hongrois, divisant la Hongrie en dix districts administratifs et la Transylvanie en trois, dirigés par des commissaires royaux, tandis que l'administration centrale était confiée au Conseil lieutenantiel à Buda.
La sanglante révolte paysanne de Horea-Cloșca en 1784 en Transylvanie incita Joseph II à promulguer le décret sur le servage de 1785, accordant aux paysans la liberté de circulation, le droit à la propriété personnelle et la sécurité de la tenure des terres. En 1788, Joseph s'engagea dans la guerre russo-turque en alliance avec Catherine II de Russie, imposant de lourds fardeaux d'approvisionnement et de cantonnement à la Hongrie. Lorsque les ordres résistèrent aux impôts supplémentaires, des dirigeants hongrois entamèrent des négociations secrètes avec le roi Frédéric-Guillaume II de Prusse pour offrir la couronne hongroise à un prince prussien. Le déclenchement de la Révolution française en 1789 affligea Joseph II, le conduisant sur son lit de mort en 1790 à révoquer tous ses décrets concernant la Hongrie, à l'exception de l'édit de tolérance et du décret sur le servage.
Joseph II mourut sans descendance survivante en 1790 et fut remplacé par son frère cadet, Léopold II, qui avait auparavant gouverné la Toscane en tant que grand-duc Pierre-Léopold Ier (Pietro Leopoldo I). En Toscane, Léopold avait réformé les finances, ouvert des établissements de santé mentale et promulgué en 1786 un code pénal qui faisait de la Toscane le premier État d'Europe à abolir la peine de mort. Face aux troubles en Hongrie et en Belgique lors de son accession au trône impérial, Léopold conclut le 27 juillet 1790 la convention de Reichenbach avec la Prusse, neutralisant le soutien prussien à la résistance de la noblesse hongroise. Il mit fin à la guerre ottomane par le traité de Sistova le 4 août 1791, renonçant aux gains territoriaux. Léopold fit replacer la Sainte Couronne à Buda par un rituel officiel, fut couronné roi de Hongrie à Presbourg et nomma son fils l'archiduc Alexandre-Léopold palatin de Hongrie.
Léopold confirma les concessions religieuses de la paix de Vienne de 1606 et de la paix de Linz de 1645, ce qui suscita les plaintes des prélats catholiques. Conjointement avec le roi de Prusse, Léopold publia la déclaration de Pillnitz en août 1791, exhortant les puissances européennes à secourir la monarchie française sans intervention militaire immédiate. Voyant la radicalisation française s'orienter vers le conflit, il conclut une alliance défensive avec la Prusse le 7 février 1792. Léopold II mourut subitement le 1er mars 1792, peu avant que la France ne déclare la guerre à l'Autriche.
Guerres napoléoniennes et empire d'Autriche
François II fut couronné empereur du Saint-Empire à Francfort en 1792 à la suite de la mort de son père Léopold II. Lorsque le gouvernement révolutionnaire français exécuta le roi Louis XVI et la reine Marie-Antoinette, François forma la Première Coalition avec la Grande-Bretagne, la Prusse, l'Espagne et la Sardaigne. Les armées françaises dirigées par Napoléon Bonaparte battirent à plusieurs reprises les forces autrichiennes dans le nord de l'Italie.[9] Par le traité de Campo-Formio en 1797, l'Autriche céda les Pays-Bas méridionaux et la Lombardie à la France tout en acquérant la Vénétie, l'Istrie et la Dalmatie. En Hongrie, un mouvement jacobin clandestin dirigé par Ignác Martinovics fut démasqué en 1794, entraînant l'exécution de sept conjurés à Buda en 1795. En réponse, François renforça la police secrète et instaura une stricte censure, tout en s'assurant la loyauté de la noblesse hongroise par la confirmation des exonérations fiscales traditionnelles.
Les dépenses de guerre obligèrent le Trésor autrichien à émettre du papier-monnaie sans contrepartie, entraînant une grave inflation. Bien que les propriétaires terriens nobles eussent initialement profité de la vente de céréales à des prix surévalués et du remboursement de dettes foncières avec des billets dévalués, les dévaluations de la monnaie d'État en 1811 et 1816 anéantirent les réserves financières. La levée nobiliaire hongroise (nemesi felkelés) prit part aux combats contre Napoléon en 1809, subissant une défaite à la bataille de Győr (Kismegyer). Mécontent des plaintes de la noblesse concernant les politiques monétaires, François II ne convoqua pas la Diète hongroise entre 1812 et 1825.
Le 18 mai 1804, Napoléon Bonaparte prit le titre d'empereur des Français. Craignant la dissolution imminente du Saint-Empire et recherchant la parité avec la France, François II proclama l'empire héréditaire d'Autriche le 11 août 1804, prenant le nom de François Ier, empereur d'Autriche. En 1805, l'Autriche rejoignit la Grande-Bretagne, la Russie et la Suède au sein de la Troisième Coalition. À la suite de la défaite des armées autrichiennes et russes à la bataille d'Austerlitz le 2 décembre 1805, l'Autriche signa le traité de Presbourg, cédant la Vénétie au royaume d'Italie et le Tyrol à la Bavière. En juillet 1806, seize États allemands fondèrent la Confédération du Rhin sous protection française. Le 6 août 1806, François II abdiqua de ses fonctions d'empereur du Saint-Empire et dissout l'empire.
Après la défaite finale de Napoléon à Waterloo en 1815, le congrès de Vienne réorganisa l'Europe sous la direction du chancelier d'État Klemens von Metternich.[10] L'Autriche récupéra la Lombardie, la Vénétie, la Dalmatie, l'Istrie et Salzbourg, créant le royaume de Lombardie-Vénétie et assumant la présidence de la Confédération germanique nouvellement créée. En septembre 1815, l'Autriche, la Russie et la Prusse formèrent la Sainte-Alliance pour préserver l'ordre monarchique conservateur et réprimer les agitations révolutionnaires à travers l'Europe.[10] François Ier maintint une stricte surveillance intérieure et une administration centralisée jusqu'à sa mort intervenue le 2 mars 1835.
Le Vormärz et les révolutions de 1848
François Ier eut pour successeur en 1835 son fils aîné, Ferdinand Ier (Ferdinand V comme roi de Hongrie et de Bohême). En raison d'une épilepsie sévère et de troubles neurologiques, Ferdinand était incapable de gouverner par lui-même, laissant l'autorité de l'État entre les mains d'une Conférence secrète d'État dirigée par Metternich, le comte Franz Anton von Kolowrat-Liebsteinsky et l'archiduc Louis. En Hongrie, la résistance des comtés contraignit à la reconvocation de la Diète en 1825, marquant le début de l'ère de réformes hongroise. Le comte István Széchenyi offrit l'intégralité des revenus d'une année de ses domaines pour fonder l'Académie hongroise des sciences (Tudós Társaság). La Diète de 1830 fit du hongrois la langue de la justice, et la Diète de 1832-1836 discuta de l'abolition du servage à la suite de l'insurrection cholérique de 1831. La Diète de 1843-1844 établit le hongrois comme l'unique langue officielle d'État du royaume de Hongrie.
Les révolutions européennes de 1848 débutèrent à Vienne le 13 mars 1848, entraînant la démission et la fuite du chancelier Metternich. L'empereur Ferdinand promit une constitution et la liberté de la presse. Le 15 mars, une révolution pacifique éclata à Pest, où la Jeunesse de Mars publia les Douze Points et le Nemzeti dal de Sándor Petőfi. Le 11 avril 1848, Ferdinand sanctionna les lois d'avril, instituant un gouvernement parlementaire hongrois responsable dirigé par le Premier ministre, le comte Lajos Batthyány, ainsi que l'impôt universel, l'abolition du servage avec indemnisation par l'État et la liberté de la presse. Le 30 mai 1848, la Diète transylvaine vota son union avec la Hongrie, ce que Ferdinand ratifia le 10 juin, mettant un terme au statut administratif particulier que la Transylvanie conservait en vertu du Diploma Leopoldinum depuis 1691.
La camarilla de la cour impériale à Vienne, composée de l'archiduchesse Sophie, du prince Felix zu Schwarzenberg et de commandants militaires, décida d'annuler les concessions constitutionnelles hongroises. La cour soutint le comte Josip Jelačić, ban de Croatie, qui rompit les relations avec le gouvernement hongrois.[11] Le 11 septembre 1848, les troupes de Jelačić franchirent la rivière Drava pour pénétrer en Hongrie. Le ministère Batthyány démissionna et l'autorité exécutive fut transférée à la Commission de défense nationale (Országos Honvédelmi Bizottmány) présidée par Lajos Kossuth. Le comte Franz Philipp von Lamberg, nommé commandant militaire impérial en Hongrie sans contreseing hongrois, fut lynché par une foule sur le pont de bateaux de Pest le 28 septembre. Le 29 septembre, l'armée hongroise battit Jelačić à la bataille de Pákozd.
Ferdinand dissout la Diète hongroise le 3 octobre 1848 et plaça la Hongrie sous loi martiale. Le 6 octobre, une troisième révolution éclata à Vienne, où une foule d'insurgés lyncha le ministre impérial de la Guerre, le comte Theodor Baillet von Latour. La famille impériale s'enfuit à Olmütz, tandis que le maréchal prince Alfred zu Windisch-Grätz bombarda Vienne pour la soumettre et écrasa une armée de secours hongroise en approche à Schwechat le 30 mars. Convaincue que les serments constitutionnels de Ferdinand empêchaient toute action décisive, la faction de la cour orchestra son abdication à Olmütz le 2 décembre 1848. Le frère de Ferdinand, l'archiduc François-Charles, renonça à ses droits de succession, permettant au fils de ce dernier, âgé de dix-huit ans, de monter sur le trône sous le nom de l'empereur François-Joseph Ier.
Guerre d'indépendance hongroise et répression
La Diète hongroise refusa de reconnaître l'avènement de François-Joseph, arguant que Ferdinand demeurait le roi légitime tant qu'une succession régulière n'aurait pas eu lieu et qu'un serment de couronnement n'aurait pas été prêté. Windisch-Grätz occupa Buda et Pest en janvier 1849, tandis que le gouvernement hongrois se repliait à Debrecen. Le 4 mars 1849, François-Joseph promulgua la constitution octroyée d'Olmütz, subordonnant la Hongrie, la Transylvanie, la Croatie et la Voïvodine serbe en tant que provinces de la couronne au sein d'un empire autrichien unifié et centralisé. En réaction, le général Artúr Görgei lança la campagne de Printemps en avril 1849, libérant Buda et repoussant les forces autrichiennes vers l'ouest, tandis que le général József Bem nettoyait la Transylvanie.
Encouragé par ses triomphes militaires et en réponse à la charte d'Olmütz, Kossuth proposa l'indépendance totale. Le 14 avril 1849, la Diète hongroise réunie dans la Grande Église de Debrecen proclama la déchéance de la maison de Habsbourg-Lorraine et élut Kossuth gouverneur-président.[12] La Déclaration d'indépendance fut ratifiée le 19 avril.[12] Cependant, les puissances européennes privilégièrent le maintien de l'empire d'Autriche comme contrepoids en Europe centrale et refusèrent de reconnaître diplomatiquement la république hongroise.[13] Le 21 mai 1849, François-Joseph conclut un accord à Varsovie avec le tsar Nicolas Ier en vue d'une intervention militaire russe selon les termes de la Sainte-Alliance.[14]
En juin 1849, une armée russe de 200 000 hommes sous les ordres du maréchal Ivan Paskévitch envahit le nord de la Hongrie, tandis qu'une force autrichienne de 170 000 hommes commandée par le général Julius Jacob von Haynau progressait par l'ouest. En infériorité numérique, les 152 000 soldats hongrois subirent la défaite. Le 9 août 1849, Haynau battit Bem à la bataille de Timișoara (Temesvár). Kossuth transféra l'autorité civile et militaire au général Görgei le 11 août et s'enfuit dans l'Empire ottoman. Le 13 août 1849, Görgei capitula sans condition devant le général russe Theodor von Rüdiger à Világos.
Le 20 août 1849, le conseil ministériel impérial présidé par François-Joseph et Felix zu Schwarzenberg décréta que les dirigeants politiques et les anciens officiers autrichiens ayant servi la cause hongroise seraient jugés par un tribunal militaire. Haynau obtint pleins pouvoirs pour prononcer et exécuter des sentences de mort sans examen ministériel préalable.[15][16] Le 6 octobre 1849, date anniversaire de la mort de Latour, l'ancien Premier ministre, le comte Lajos Batthyány, fut exécuté par peloton d'exécution à Pest, tandis que treize généraux hongrois de haut rang, connus sous le nom de martyrs d'Arad, furent pendus ou fusillés à Arad.[17] Entre 100 et 130 personnes furent exécutées lors de la répression d'après-guerre. Cette répression indigna l'opinion publique européenne et, le 6 juillet 1850, le gouvernement impérial rappela et mit à la retraite Haynau en déclarant qu'il avait outrepassé ses compétences.
L'ère Bach et les crises constitutionnelles
Après la répression des révolutions de 1848, l'Autriche instaura un régime bureaucratique centralisé connu sous le nom de néo-absolutisme. Le 31 décembre 1851, François-Joseph révoqua officiellement la constitution d'Olmütz, qui n'avait jamais été mise en application, par le biais du Patente du Nouvel An (Silvesterpatent), instaurant un pouvoir autocratique sans partage. Le ministre impérial de l'Intérieur, Alexander von Bach, organisa un appareil administratif doté de fonctionnaires allemands et tchèques non locaux, péjorativement appelés les hussards de Bach. En Hongrie, une large part de la noblesse terrienne adopta la résistance passive sous la houlette de Ferenc Deák, refusant d'occuper des fonctions publiques et de s'acquitter des impôts. En dépit de la répression politique, le régime modernisa le code judiciaire, unifia les poids et mesures, établit des cadastres et confirma l'abolition du servage paysan par la patente urbariale de 1853. En 1851, la frontière douanière intérieure séparant l'Autriche et la Hongrie, initialement instaurée par Marie-Thérèse, fut abolie.[18]
Les erreurs de calcul de la politique étrangère autrichienne sapèrent les fondements du néo-absolutisme. Durant la guerre de Crimée de 1853-1856, François-Joseph mobilisa ses troupes le long de la frontière russe et s'aligna diplomatiquement sur la Grande-Bretagne et la France, rompant l'alliance de longue date unissant l'Autriche à la Russie sans pour autant s'assurer le soutien occidental.[19] En 1859, l'Autriche mena la seconde guerre d'indépendance italienne contre le royaume de Sardaigne et la France de Napoléon III. Vaincue à Magenta et à Solférino, l'Autriche signa l'armistice de Villafranca et perdit la Lombardie. Cette défaite militaire mena le Trésor impérial au bord de la faillite et discrédita le ministère Bach.
En octobre 1860, François-Joseph promulgua le diplôme d'octobre, instaurant un cadre fédéral et rétablissant les diètes provinciales. Les dirigeants politiques hongrois rejetèrent ce diplôme car il ne rétablissait pas l'ordre juridique de 1848. En février 1861, le ministre d'État Anton von Schmerling publia la patente de février, instituant un Conseil d'Empire (Reichsrat) bicaméral et centralisé. Lorsque la Diète hongroise se réunit en 1861, ses membres se divisèrent entre le Parti de la Résolution, mené par le comte László Teleki, qui refusait de négocier avec le monarque, et le Parti de l'Adresse, conduit par Ferenc Deák, favorable au dépôt d'une adresse formelle. À la suite du suicide de Teleki le 8 mai 1861, la Diète vota l'adresse de Deák et refusa de reconnaître l'autorité de François-Joseph tant que la constitution n'aurait pas été rétablie. François-Joseph dissout la Diète le 22 août 1861 et rétablit l'absolutisme provisoire.
L'Ausgleich et la double monarchie
Le 16 avril 1865, Ferenc Deák publia son article de Pâques dans le journal Pesti Napló, affirmant la volonté de la Hongrie d'harmoniser ses lois avec les exigences de sécurité de l'empire. Le processus de réconciliation s'accéléra après la défaite de l'Autriche face à la Prusse et à l'Italie lors de la guerre austro-prussienne de 1866.[20] Vaincue à la bataille de Königgrätz, l'Autriche signa le traité de Prague, ce qui entraîna la dissolution de la Confédération germanique, l'abandon du Holstein, son exclusion des affaires allemandes et la cession de la Vénétie à l'Italie.
Le 17 février 1867, François-Joseph nomma le comte Gyula Andrássy Premier ministre de Hongrie. La Diète hongroise vota la loi XII de 1867, instaurant le compromis austro-hongrois (Ausgleich). L'empire fut réorganisé en une double monarchie composée de l'empire d'Autriche (Cisleithanie) et du royaume de Hongrie (Transleithanie), dotés chacun de leur propre parlement et d'un cabinet responsable. Les affaires communes furent limitées aux affaires étrangères, à la défense et aux finances conjointes, sous la supervision de trois ministres impériaux et royaux responsables devant des délégations parlementaires annuelles composées de soixante membres de chaque assemblée. La Hongrie contribuait à hauteur de 30 % des dépenses communes, part portée ultérieurement à 36,4 %, tout en prenant en charge une fraction de la dette publique autrichienne. Le partenariat économique, incluant une union douanière et une monnaie partagée, devait être renouvelé tous les dix ans.[21]
Le 8 juin 1867, François-Joseph fut couronné roi apostolique de Hongrie aux côtés de l'impératrice Élisabeth en l'église Matthias de Buda, accordant une amnistie générale aux prisonniers politiques.[22] Depuis son exil à Turin, Lajos Kossuth condamna le compromis dans sa « Lettre de Cassandre » du 22 mai 1867, prédisant que lier le destin de la Hongrie à la dynastie des Habsbourg l'entraînerait vers la catastrophe lorsque l'empire s'effondrerait sous la pression des nationalismes minoritaires.[13][23] Deák répliqua que la Hongrie avait besoin du cadre protecteur de l'empire pour survivre entre l'Allemagne et la Russie.[13]
En 1868, le parlement hongrois promulgua la loi sur les nationalités rédigée par le baron József Eötvös, reconnaissant une nation politique hongroise unique et indivisible tout en garantissant des droits linguistiques dans l'enseignement primaire, les tribunaux locaux et l'administration. La même année, le compromis croato-hongrois reconnut le royaume de Croatie-Slavonie en tant que territoire politique autonome au sein des terres de la Couronne de saint Étienne. En 1870, la ville portuaire de Fiume fut érigée en corps distinct (corpus separatum) administré directement par un gouverneur nommé par le gouvernement hongrois.
Développement intérieur et crises de l'État dual
La double monarchie connut une industrialisation rapide et une expansion commerciale entre 1867 et 1913. Le revenu national de la Hongrie passa de 800 millions de couronnes dans les années 1850 à 13 milliards de couronnes en 1913.[21] Un vaste réseau ferroviaire relia Budapest, devenue une métropole majeure à la suite de l'unification de Buda, Pest et Óbuda en 1873. En 1896, le royaume organisa de grandioses célébrations pour commêter le millénaire de la conquête hongroise.[21] Cependant, les tensions sociales s'intensifièrent à mesure que les ouvriers agricoles sans terre et les travailleurs industriels organisaient des grèves. Le Parti social-démocrate de Hongrie fut fondé en 1890 et le mouvement social-chrétien vit le jour en 1907. Le 23 mai 1912, la police et des unités militaires réprimèrent une immense manifestation pour le suffrage universel à Budapest, un événement connu sous le nom de « jeudi sanglant rouge ».
Les restrictions du droit de vote permirent aux élites traditionnelles de conserver le contrôle politique. Lors des élections hongroises de 1910, seuls 6,4 % de la population totale possédaient le droit de vote, en vertu d'un système électoral conçu pour préserver l'État national hongrois et le système issu de l'Ausgleich de 1867.[24][25] Les nationalités non magyares, qui représentaient environ la moitié de la population, s'élevèrent contre les politiques d'assimilation, incluant les lois scolaires Lex Apponyi de 1907 qui rendaient obligatoire l'enseignement de la langue hongroise dans les écoles publiques et confessionnelles.[26] Les députés des minorités roumaine et serbe protestèrent contre la centralisation de l'administration et la suppression de l'autonomie régionale.[26]
Une grave crise constitutionnelle éclata en Hongrie à la suite des élections de 1905, lors desquelles le Parti libéral au pouvoir fut battu par une coalition d'opposition menée par le Parti de l'indépendance et de 1848. La coalition exigeait un territoire douanier hongrois distinct et des commandements militaires en hongrois au sein de l'armée commune. Refusant de confier le gouvernement à une coalition qui remettait en cause l'armée commune, François-Joseph nomma le général Géza Fejérváry, capitaine des gardes trabants royaux, au poste de Premier ministre le 18 juin 1905.[27] Le cabinet Fejérváry, qualifié de gouvernement des gardes du corps, gouverna sans soutien parlementaire et proposa d'introduire le suffrage universel masculin pour contrer la domination nobiliaire. Le 19 février 1906, des troupes militaires pénétrèrent dans le bâtiment du parlement et dissoutrent l'assemblée. La coalition capitula en avril 1906, renonçant à ses exigences militaires en échange de son accès au gouvernement sous la conduite du Premier ministre Sándor Wekerle, mettant ainsi un terme à la crise.[28]
Politique étrangère et Première Guerre mondiale
À la suite de la guerre franco-prussienne de 1870-1871, François-Joseph nomma le comte Gyula Andrássy ministre des Affaires étrangères commun. Cherchant à contrer l'influence russe dans les Balkans, Andrássy favorisa une coopération étroite avec l'Empire allemand nouvellement unifié, tout en participant en 1873 à l'entente des Trois Empereurs aux côtés de la Russie et de l'Allemagne. Lors du congrès de Berlin en 1878, les puissances européennes autorisèrent l'Autriche-Hongrie à occuper et à administrer les provinces ottomanes de Bosnie-Herzégovine.[29] Les troupes austro-hongroises rencontrèrent une résistance armée lors de l'occupation, subissant plus de 7 000 pertes. Le 7 octobre 1879, Andrássy conclut l'alliance secrète germano-autrichienne pour assurer une défense mutuelle contre la Russie.[30] L'Italie s'y joignit en 1882 pour former la Triple-Alliance, et la Roumanie y adhéra secrètement en 1883. En 1887, l'Autriche-Hongrie rejoignit la Grande-Bretagne et l'Italie dans les accords méditerranéens afin de préserver le statu quo régional face à l'expansionnisme russe.[31]
En septembre 1908, le ministre des Affaires étrangères commun Alois Lexa von Aehrenthal rencontra le ministre russe des Affaires étrangères Alexandre Izvolski au château de Buchlau en Moravie. Aehrenthal comprit que la Russie accepterait l'annexion de la Bosnie-Herzégovine en échange d'un appui diplomatique autrichien pour ouvrir les détroits turcs aux navires de guerre russes. Le 6 octobre 1908, François-Joseph proclama unilatéralement l'annexion de la Bosnie-Herzégovine, invoquant les droits historiques de la couronne hongroise.[32] Cette mesure précipita la crise bosniaque, provoquant les protestations de la Serbie, de l'Empire ottoman, de la Grande-Bretagne et de la France. L'Allemagne accorda un soutien inconditionnel à l'Autriche-Hongrie, tandis que cette dernière menaçait de publier des correspondances diplomatiques confirmant l'acquiescement passé des Russes.[33] La Russie recula et la Serbie reconnut formellement l'annexion le 31 mars 1909, bien que cette crise eût endommagé de manière durable les relations austro-russes.
Le 28 juin 1914, l'archiduc François-Ferdinand, neveu de François-Joseph et héritier présomptif du trône, fut assassiné à Sarajevo aux côtés de son épouse Sophie, duchesse de Hohenberg, par Gavrilo Princip, membre de l'organisation Jeune Bosnie (Mlada Bosna), qui avait préparé l'attentat de concert avec la société secrète serbe « Unité ou la Mort » (la Main noire).[34] Le 5 juin, l'émissaire serbe Jovan Jovanović avait transmis un vague avertissement au ministre commun des Finances Leon Biliński, mais l'archiduc décida de maintenir sa visite.[34][35] Le chef de l'état-major général autrichien Franz Conrad von Hötzendorf et le ministre des Affaires étrangères Leopold von Berchtold poussèrent à des représailles militaires contre la Serbie. Le Premier ministre hongrois István Tisza fut le seul membre du conseil ministériel commun à s'opposer à l'action militaire, mais il changea d'avis dès qu'il eut connaissance du soutien de l'Allemagne.[36]
Le 23 juillet 1914, l'Autriche-Hongrie adressa un ultimatum sévère à la Serbie. Lorsque le gouvernement serbe accepta la plupart des conditions tout en rejetant la participation de fonctionnaires austro-hongrois aux enquêtes judiciaires sur le sol serbe, l'Autriche-Hongrie déclara la guerre à la Serbie le 28 juillet 1914, donnant ainsi le coup d'envoi de la Première Guerre mondiale.[37][38] La mobilisation russe amplifia le conflit à l'échelle européenne. L'Autriche-Hongrie dut faire face à une guerre sur plusieurs fronts contre la Serbie, la Russie et, à partir de mai 1915, l'Italie. Le 21 novembre 1916, l'empereur François-Joseph s'éteignit au château de Schönbrunn à l'âge de 86 ans, achevant un règne de près de soixante-huit ans.[39]
Chute de la monarchie et de Charles Ier
François-Joseph eut pour successeur son petit-neveu, l'empereur Charles Ier (Charles IV comme roi de Hongrie). Charles tenta d'engager des pourparlers de paix secrets par l'intermédiaire de son beau-frère, le prince Sixte de Bourbon-Parme, mais ses efforts pour ramener la paix demeurèrent infructueux. À mesure que s'aggravaient les pénuries intérieures, les grèves et l'épuisement militaire, les représentants des nationalités sujettes se réunirent à Rome en avril 1918 pour réclamer leur indépendance totale. Le 16 octobre 1918, Charles publia un manifeste impérial transformant l'Autriche cisleithanienne en un État fédéral de nationalités autonomes, mais cette concession arriva trop tard pour enrayer la désintégration de l'empire.[40]
Des conseils nationaux se formèrent rapidement à travers l'empire. Le 18 octobre 1918, le président des États-Unis Woodrow Wilson rejeta les propositions de paix austro-hongroises, déclarant que le principe d'autodétermination s'était substitué à ses Quatorze points initiaux. À Budapest, la révolution des Aster instaura un gouvernement dirigé par le comte Mihály Károlyi le 31 octobre 1918, mettant formellement fin à l'union dualiste avec l'Autriche. À la suite de l'armistice militaire de Villafranca le 3 novembre, Charles signa une déclaration au château de Schönbrunn le 11 novembre 1918 par laquelle il renonçait à toute participation aux affaires de l'État autrichien, sans toutefois abdiquer formellement de sa couronne.[40] Le 13 novembre, il signa une renonciation équivalente pour la Hongrie au château d'Eckartsau.[40] Charles et sa famille s'installèrent en Suisse le 23 mars 1919.
La Hongrie restaura son statut monarchique en 1920 sous l'autorité de l'amiral Miklós Horthy en tant que régent, bien que le trône royal fût demeuré vacant.[41] Le roi Charles IV tenta par deux fois de reconquérir le trône en 1921. Au printemps 1921, il se rendit secrètement à Budapest, où Horthy lui assura qu'il préparerait prochainement le pays à son retour officiel, sans toutefois tenir sa promesse. Les chances d'une restauration furent également compromises par la mobilisation de troupes aux frontières de la Hongrie par la Tchécoslovaquie, la Yougoslavie et la Roumanie, qui menacèrent d'envahir à nouveau le pays en cas de retour de la dynastie. En octobre 1921, Charles s'envola pour Sopron et progressa en train vers Budapest à la tête de troupes fidèles commandées par le colonel Anton Lehár. L'opération échoua en raison de divers malentendus et de la trahison de l'un des officiers commandants de Charles, le général Hegedüs. Arrêté par le gouvernement hongrois, Charles et l'impératrice Zita furent remis aux militaires britanniques, transportés le long du Danube et exilés à Madère. Sous la pression des puissances victorieuses de l'Entente, le parlement hongrois adopta la loi de détrônement le 6 novembre 1921, dépouillant officiellement la maison de Habsbourg-Lorraine de ses droits au trône de Hongrie.[41] Charles mourut d'une pneumonie à Madère le 1er avril 1922 à l'âge de 34 ans et fut béatifié par le pape Jean-Paul II en 2004.[42]
Branches cadettes et territoires associés
Le grand-duché de Toscane constitua la principale sécondogéniture de la maison impériale. Lorsque François-Étienne abandonna la Lorraine en 1737, il obtint la Toscane à la mort de Gian Gastone de' Medici. À la mort de François en 1765, le grand-duché passa à son second fils, Pierre-Léopold. Lorsque Léopold devint empereur du Saint-Empire en 1790, la Toscane fut attribuée à son second fils, Ferdinand III. Chassé pendant les guerres napoléoniennes, Ferdinand fut rétabli en 1814. Son successeur Léopold II octroya une constitution en 1848 mais dut abdiquer en 1859 au cours du mouvement d'unification italienne. Son fils Ferdinand IV fut destitué en 1860 lorsque la Toscane fut annexée au royaume de Sardaigne à l'issue d'un plébiscite. La branche toscane perdura au sein de la noblesse autrichienne, certains de ses membres revendiquant au XXe siècle la succession carliste au trône d'Espagne.
Le duché de Modène et Reggio fut gouverné par la maison d'Autriche-Este, fondée par l'archiduc Ferdinand Karl, quatrième fils de Marie-Thérèse, par son mariage avec Marie-Béatrice d'Este, héritière du duc Hercule III d'Este (Ercole III d'Este).[43][44] Leur fils François IV fut rétabli comme duc souverain en 1814. Son successeur François V fut destitué durant la seconde guerre d'indépendance italienne en 1859, et Modène fut rattachée à la Sardaigne. À la mort de François V sans descendance en 1875, la représentation de la maison d'Este passa à l'archiduc François-Ferdinand, puis, après son assassinat en 1914, au futur empereur Charles Ier, qui transmit ce titre à son second fils, l'archiduc Robert, en 1917. Aujourd'hui, cette branche a pour chef l'archiduc Lorenz d'Autriche-Este, époux de la princesse Astrid de Belgique, qui porte le titre de prince de Belgique.
Le duché de Parme et Plaisance fut administré par l'archiduchesse Marie-Louise d'Autriche, fille aînée de l'empereur François Ier et ancienne impératrice des Français. En vertu du traité de Fontainebleau de 1814 et du congrès de Vienne, Marie-Louise reçut Parme, Plaisance et Guastalla en tant que duché souverain sa vie durant. Elle régna jusqu'à sa mort en 1847, date à laquelle le duché revint à la maison de Bourbon-Parme. Son mariage morganatique avec le comte Adam Albert von Neipperg donna naissance à la maison princière de Montenuovo.
La branche de Teschen de la dynastie (Habsbourg-Teschen) descendait de l'archiduc Charles, duc de Teschen, troisième fils de l'empereur Léopold II. Charles fut adopté par sa tante sans enfant, l'archiduchesse Marie-Christine, et par son époux le prince Albert de Saxe, duc de Teschen. Charles s'illustra militairement en commandant les armées autrichiennes face à Napoléon. Ses descendants possédaient des domaines en Silésie et dans l'ouest de la Galicie centrés autour de Żywiec. L'archiduc Frédéric exerça les fonctions de commandant en chef des forces armées austro-hongroises de 1914 à 1916. Cette branche cadette compta également l'archiduc Charles-Étienne, amiral qui fut un temps pressenti comme candidat au trône de Pologne durant la Première Guerre mondiale. Après l'effondrement de l'empire, le duché de Teschen fut partagé entre la Pologne et la Tchécoslovaquie.[45]
La branche palatine de Hongrie fut établie par l'archiduc Joseph, palatin de Hongrie, septième fils de Léopold II, qui fut élu palatin en 1796 à la suite de la mort accidentelle de son frère Alexandre-Léopold. L'archiduc Joseph encouragea le développement de Pest et résida en Hongrie jusqu'à sa mort en 1847. Son fils l'archiduc Étienne servit comme le dernier palatin constitutionnel lors de la révolution de 1848. Parmi les descendants ultérieurs figure le maréchal archiduc Joseph-Auguste, qui occupa brièvement les fonctions de chef de l'État de Hongrie en août 1919 après la chute de la République des conseils de Hongrie. Son petit-fils l'archiduc Joseph-Árpád et son arrière-petit-fils l'archiduc Joseph-Karl ont maintenu des liens étroits avec la vie publique hongroise.
En 1864, l'archiduc Ferdinand-Maximilien, frère cadet de l'empereur François-Joseph, accepta la couronne impériale du Second Empire mexicain avec l'appui militaire de Napoléon III et des monarchistes conservateurs mexicains. Arrivé au Mexique avec son épouse Charlotte de Belgique, Maximilien mit en place des réformes modérées, mais perdit le soutien des conservateurs et se heurta à la résistance armée des forces républicaines conduites par Benito Juárez. Après le retrait des troupes expéditionnaires françaises en 1866, Maximilien prit le commandement des troupes impériales restantes, fut capturé à Querétaro et exécuté par peloton d'exécution aux côtés de ses généraux le 19 juin 1867. Avant son exécution, Maximilien adopta les petits-fils du premier empereur du Mexique, Agustín de Iturbide, fondant ainsi la maison titulaire de Habsbourg-Iturbide.
Statut dynastique et lignes morganatiques
Entre 1780 et 1918, la maison de Habsbourg-Lorraine fonctionna comme une société dynastique strictement réglementée, régie par l'Allerhöchste Familienstatut (suprême statut de famille), formalisé en 1839.[46][47][48] Tous les membres légitimes portaient dès leur naissance le titre d'archiduc ou d'archiduchesse d'Autriche ainsi que de prince ou de princesse royale de Hongrie et de Bohême.[46] L'empereur régnant exerçait une autorité patriarcale absolue en tant que chef de la dynastie, fixant les autorisations de mariage, les allocations financières, les carrières, les lieux de résidence et les voyages à l'étranger de l'ensemble des membres.[47][49] Les actions en justice visant des membres de la famille étaient jugées par un tribunal spécial placé sous l'autorité du maréchal de la Cour suprême (Obersthofmarschall).[50] Les mariages devaient impérativement être dynasticement égaux (ebenbürtig), conclus exclusivement avec des membres de maisons souveraines ou anciennement souveraines de confession catholique romaine.[47] Contracter une union inégale sans le consentement de l'empereur entraînait l'exclusion de la famille, la privation des titres et des apanages, ainsi que la déchéance des droits de succession pour l'ensemble des descendants.[51]
Plusieurs branches morganatiques notables se détachèrent de la maison impériale au cours du XIXe siècle et du début du XXe siècle. L'archiduc Jean, fils de Léopold II, épousa en 1829 Anna Plochl, fille d'un maître de poste styrien ; leurs descendants reçurent le titre de comtes de Meran et furent exclus de la succession impériale.[52] L'archiduc Henri épousa en 1868 la chanteuse d'opéra Leopoldine Hofmann sans le consentement de François-Joseph ; bien que réhabilitée par la suite, leur fille reçut le titre de comtesse de Waideck. En 1889, l'archiduc Jean-Salvateur, issu de la branche toscane, renonça à son rang et à ses privilèges impériaux, prit le nom de Johann Orth et épousa la danseuse Milli Stubel ; il disparut en mer au large de l'Amérique du Sud en 1890.[53] En 1902, l'archiduc Léopold-Ferdinand renonça à son statut dynastique, vivant dès lors sous le nom de Ferdinand Wölfling.[53] L'archiduc Ferdinand Karl épousa secrètement Berta Czuber, fille d'un professeur de mathématiques, en 1909 ; contraint de quitter la maison en 1911, il adopta le nom de Ferdinand Burg.[53]
L'union morganatique la plus notable intervint en 1900, lorsque l'héritier présomptif l'archiduc François-Ferdinand épousa la comtesse Sophie Chotek von Chotkowa und Wognin.[54] La famille Chotek relevant de la noblesse et non de la souveraineté, François-Joseph n'accorda son consentement au mariage qu'après que François-Ferdinand eut signé une déclaration formelle renonçant à tout droit de succession pour ses futurs enfants.[54] Sophie fut créée duchesse de Hohenberg en 1909, et leurs descendants formèrent la maison ducale non dynastique de Hohenberg.[54] Parmi les autres lignées morganatiques figuraient les princes d'Altenburg, issus de l'archiduc Charles-Albert de la branche de Teschen et de la noble suédoise Alice Ankarcrona.
Statut juridique dans les États successeurs
Le 3 avril 1919, l'Assemblée nationale constituante de la République d'Autriche allemande promulgua la loi sur les Habsbourg (Habsburgergesetz). Cette législation bannit définitivement d'Autriche l'empereur Charles et expulsa tous les autres membres de la maison de Habsbourg-Lorraine, à moins qu'ils ne renoncent formellement à leurs prétentions à la souveraineté dynastique et ne se déclarent citoyens loyaux de la république. La loi nationalisa l'ensemble des biens de la Cour administrés par l'État (Hofärar) et confisqua la fondation patrimoniale collective de la famille (Privat- und Familienfonds). Toutefois, les membres de la famille ayant signé les renonciations requises conservèrent leurs domaines privés individuels ; la lignée de l'archiduc François-Salvateur et de l'archiduchesse Marie-Valérie (fille de François-Joseph) garda ainsi la propriété du château de Persenbeug, du château de Wallsee et de la Kaiservilla de Bad Ischl. Le même jour, l'Autriche adopta la loi sur l'abolition de la noblesse, supprimant l'ensemble des titres aristocratiques et des particules nobiliaires telles que « von ».
En Tchécoslovaquie, la constitution provisoire de 1918 et les lois constitutionnelles subséquentes abolirent les titres de noblesse, privèrent les membres de la maison de Habsbourg-Lorraine de la citoyenneté tchécoslovaque et confisquèrent leurs domaines fonciers sans indemnisation.[55] En vertu de la loi 50/1923, toute entrée ou résidence non autorisée de membres de l'ancienne famille régnante fut érigée en infraction pénale. Après la chute du régime communiste en 1989, des membres de la famille purent se rendre en République tchèque sans entrave juridique, assistant à des commémorations culturelles telles que l'audience annuelle avec l'empereur Charles Ier à Brandýs nad Labem, où Otto von Habsburg se vit attribuer la citoyenneté d'honneur.[56][57] En Hongrie, l'assemblée nationale vota une loi destituant la maison de Habsbourg-Lorraine le 6 novembre 1921, et la Hongrie demeura une monarchie jusqu'en 1946, bien qu'il s'agît d'un royaume sans roi.[41] Une résolution interalliée adoptée en 1919 stipulait que la Pologne, la Tchécoslovaquie, la Roumanie et la Yougoslavie verseraient chacune une pension annuelle de 5 000 livres sterling pour subvenir aux besoins de la famille impériale en exil, mais aucun de ces États successeurs n'effectua jamais ces versements.[55]
En Autriche, le chancelier fédéral Kurt von Schuschnigg abrogea partiellement la législation anti-Habsbourg en 1935 et 1936, restituant des biens privés confisqués. Adolf Hitler s'opposa à toute restauration monarchiste en Autriche, planifiant une invasion militaire immédiate si la dynastie venait à revenir.[58] En février 1938, Otto von Habsburg adressa une lettre ouverte à Schuschnigg pour lui proposer d'assumer la chancellerie fédérale afin d'organiser une défense armée contre l'Allemagne nazie, ce que Schuschnigg refusa.[58] À la suite de l'Anschluss en mars 1938, le régime national-socialiste rétablit intégralement la loi de 1919 sur les Habsbourg. En 1945, la République d'Autriche reconstituée rétablit la constitution fédérale de 1920, bannissant à nouveau les membres de la famille.[59] En 1961, Otto signa une renonciation formelle à ses prétentions souveraines, ce qui lui permit de rentrer en Autriche en 1966. L'article 60, alinéa 3 de la Constitution fédérale autrichienne interdisant aux membres des dynasties anciennement régnantes de se porter candidats à la présidence fédérale, cette restriction fut contestée par le homme politique vert Ulrich Habsburg-Lothringen et finalement abrogée par le parlement autrichien en juin 2011.[60][61][62] À la mort d'Otto en 2011, des funérailles solennelles furent célébrées à la cathédrale Saint-Étienne et dans la crypte des Capucins à Vienne, en présence de chefs d'État européens et d'environ 100 000 spectateurs.[63][64]
La dynastie contemporaine
En 2007, Otto von Habsburg quitta ses fonctions de chef de la maison de Habsbourg-Lorraine, transmettant la direction à son fils aîné, Karl von Habsburg.[65][66][67] L'héritier présomptif de Karl est son fils aîné, Ferdinand Zvonimir Habsburg-Lothringen, qui exerce la profession de pilote automobile.[68] Issue de l'union conclue en 1736 entre François-Étienne et Marie-Thérèse, la maison de Habsbourg-Lorraine compte aujourd'hui plus de 500 membres vivants répartis sur plusieurs continents, dont environ la moitié résident en Autriche et le reste en Allemagne, en Hongrie, dans d'autres pays européens, sur le continent américain et en Afrique.[69][70][71] La succession à la tête de la maison obéit à la primogéniture agnatique semi-salique. La famille communique activement par le biais d'un groupe WhatsApp réunissant 280 membres, ainsi que l'a décrit Georg von Habsburg.[70] En 2014, à l'occasion du centenaire du déclenchement de la Première Guerre mondiale, la famille a élaboré un consensus historique partagé sur ce conflit.[71] En novembre 2016, environ 300 membres de la famille ont pris part à une audience privée auprès du pape François au Vatican.[72][73]
Les statuts stricts de la maison régissant l'égalité des mariages ont été assouplis à la fin du XXe siècle. Il n'est plus exigé des conjoints qu'ils appartiennent à des familles régnantes ou titrées ; la validité dynastique requiert généralement la notification préalable du chef de la maison et le respect des traditions matrimoniales catholiques. Plusieurs unions auparavant jugées morganatiques, telles que celles de l'archiduc Carl Salvator avec la baronne Edith Wenzl von Sternbach et de l'archiduc Rudolf avec la baronne Hélène de Villenfagne de Vogelsanck, ont été reconnues rétroactivement comme dynastiques, préservant ainsi les droits de succession de leur descendance.[74] En Belgique, deux branches cadettes ont été intégrées à la noblesse belge en 1978 et 1983 avec le titre de prince ou princesse et le prédicat d'altesse sérénissime.[75] Par le mariage de l'archiduc Lorenz avec la princesse Astrid de Belgique, leurs enfants ont été créés princes et princesses de Belgique.
La famille entretient des liens historiques avec Nancy, capitale historique du duché de Lorraine. Otto célébra son mariage avec la princesse Regina de Saxe-Meiningen en l'église des Cordeliers à Nancy le 10 mai 1951, affirmant à cette occasion son identité lorraine. Le couple est retourné dans la même église pour célébrer ses noces d'or en 2001. En décembre 2012, l'arrière-petit-fils d'Otto, l'archiduc Christoph, a épousé Adélaïde Drapé-Frisch en la basilique Saint-Epvre de Nancy, commémorant ainsi la lignée du duc François III.
Les relations entre la dynastie et la Hongrie demeurent chaleureuses.[76] En 2017, le gouvernement hongrois a fondé la Fondation Otto-Habsburg afin de préserver les archives et l'héritage de l'ancien prince héritier.[77] Des membres de la famille occupent des fonctions diplomatiques pour le compte de la Hongrie ; Georg von Habsburg a exercé les charges d'ambassadeur itinérant et de diplomate, tandis qu'Eduard Habsburg-Lothringen est l'ambassadeur de Hongrie près le Saint-Siège.[76] Les ordres dynastiques héréditaires maintenus par la maison comprennent la branche autrichienne de l'ordre de la Toison d'or, l'ordre impérial et royal de Saint-Georges, ainsi que l'ordre de la Croix étoilée.[65]
Héraldique
Les armoiries de la maison, formalisées à la suite de la création de l'empire d'Autriche en 1804 et fixées dans leur agencement définitif en 1806, reflètent les composantes généalogiques de la dynastie.[78] L'écu est palé de trois pièces : le champ dextre arbore les armes des Habsbourg, constituées d'un lion rampant de gueules armé, lampassé et couronné d'azur sur un champ d'or ; le pal central présente le bandeau autrichien (Bindenschild), composé d'une fasce d'argent sur un champ de gueules ; enfin, le champ senestre montre les armes de Lorraine, formées d'une bande de gueules chargée de trois alérions d'argent sur un champ d'or.[78] Cet écusson était broché sur la poitrine de l'aigle bicéphale de sable au nimbe d'or et faisait office à la fois d'armoiries de la maison dynastique et de petites armoiries de l'empire d'Autriche.[78] La branche cadette toscane utilisait une variante distincte incorporant des écartelages régionaux.[79]
Désaccords entre éditions (5)
- anglais: 1736, the year of the marriage between Maria Theresa and Francis Stephen of Lorraine
- tchèque: 1780, marked by the death of Maria Theresa and the accession of Joseph II as sole ruler of the Habsburg hereditary lands
- slovaque: 1780, with Joseph II as the dynastic founder
- anglais: Maria Theresa of Austria and Francis I, Holy Roman Emperor
- chinois: Holy Roman Emperor Joseph II
- slovaque: Joseph II of Habsburg
- anglais: 2007, when Otto renounced his role as head of the imperial house
- japonais: 2006, when Otto relinquished the headship due to advanced age
- bulgare: 2006, when Otto ended his leadership of the house
- anglais: 1908
- hongrois: 1905
- polonais: 1908
- anglais: Renounced the exercise of power and participation in state affairs without a formal abdication
- polonais: Abdicated the throne in November 1918
- chinois: Abdicated as the last emperor of Austria on 11 November 1918
Sources (35 éditions de Wikipedia)
Les éditions non anglophones apportent de nombreux détails historiques absents de l'article en anglais. L'édition hongroise propose des comptes rendus exhaustifs sur l'ère des réformes hongroises, les mesures législatives de Joseph II, les batailles et les débats politiques de la guerre d'indépendance de 1848-1849, ainsi que sur les dispositions précises du compromis de 1867 et de la crise constitutionnelle de 1905-1906. L'édition tchèque fournit les articles et dispositions exacts du statut de famille suprême de 1839, des textes juridiques détaillés concernant la confiscation des biens et l'exil en Tchécoslovaquie et dans l'Autriche d'après-guerre, ainsi que les circonstances particulières entourant les exclusions morganatiques. Les éditions japonaise et arabe détaillent l'intégralité de la généalogie médiévale de la maison de Lorraine ainsi que les activités dynastiques modernes, incluant le groupe de communication familial de 280 membres, le consensus commémoratif de 2014 sur le centenaire de la Première Guerre mondiale et l'audience papale de 2016.
Assemblé à partir des articles de Wikipedia ci-dessous, chacun épinglé à la révision consultée le 26 septembre 2026. Ils contiennent ensemble 176 références, dont 22 pour l'article en anglais seul.
Références
- Cawley، Charles، Lorraine، Medieval Lands database، Foundation for Medieval Genealogy , [بحاجة لمصدر أفضل], in Medieval Lands Project
- See Chapter XXI. نسخة محفوظة 11 نوفمبر 2011 على موقع واي باك مشين
- William W. Kibler, Grover A. Zinn. Medieval France: an Encyclopedia. Routledge, 1995. ISBN:0-8240-4444-4. Page 561.
- Encyclopedia of the Middle Ages (ed. by André Vauchez). Routledge, 2000. ISBN:1-57958-282-6. Page 1227.
- Robert Knecht. The Valois: Kings of France 1328–1589. Continuum International Publishing Group, 2007. ISBN:1-85285-522-3. Page 214.
- Chiến tranh Kế vị Áo
- Егер О. Всемирная история (том 3. Новая история). Книга шестая. Век Фридриха Великого. Глава первая.
- См., например: Шмидт А. Карл VII. // Кайзеры. — Ростов н/Д., 1997.
- Fraser 2002, tr. 492Lỗi harv: không có mục tiêu: CITEREFFraser2002 (trợ giúp)
- Holy Alliance, Catholic Encyclopedia
- E szócikk nem tér ki az 1848/49-es, román, szerb és szlovák nemzeti követelésekre, valamint a román-magyar és a szerb-magyar fegyveres összecsapásokra.
- Kossuth Lajos kormányzóelnökké választására tekintettel, megalakult az új kormány: 1849. május 2-án, Szemere Bertalan miniszterelnökkel az élen, hivatalba lépett a Szemere-kormány.
- A napóleoni háborúkat lezáró békerendszer (1815, bécsi kongresszus), nem változtatott Magyarország nemzetközi jogi helyzetén, a Magyar Királyság a Habsburg-birodalom része maradt. Továbbá: A korszak vezető nagyhatalmának, a Brit Birodalomnak (hivatalos nevén: az Egyesült Királyságnak), az Európát érintő külpolitikája, öt nagyhatalom (Anglia, Franciaország, a Habsburg-birodalom, az Orosz Birodalom és Poroszország) egyensúlyának a fenntartásán alapult, és a britek, az Orosz Birodalom feltartóztatásában, Ausztriával számoltak. Franciaország, a német egység megteremtésétől tartott, ebben erős Ausztriára számított, Poroszországgal szemben. Az Orosz Birodalomnak szintén nem állt érdekében Magyarország függetlensége, hiszen ez a birodalom lengyel alattvalói számára, követendő példa lett volna. A Szent Szövetség keretében, az Ausztria mellett történt orosz beavatkozás, nem is volt a brit politika ellenére: Ha a Habsburg-birodalom egységes, erős marad, akkor akadálya lesz a balkáni orosz előre-nyomulásnak; és ha Ausztriát az oroszok segítsége menti meg, annál jobb. Balkáni érdekösszeütközéskor ugyanis, az Orosz Birodalom és Ausztria szembefordulását, orosz részről, erősíti a neheztelés majd amiatt, hogy Ausztria annak ellenére nem tudja a balkáni befolyásukat elfogadni, hogy a segítségüket kérte (és kapta), a nagyhatalmi státuszának a fennmaradásához. Lord Palmerston, brit külügyminiszter ezért tájékoztatta Szalay Lászlót, Kossuth angliai képviselőjét arról, hogy "a brit kormánynak Magyarországról csak mint az osztrák birodalom részéről van tudomása." (1848. december 13.). Kossuth 1849. évi londoni megbízottja, Pulszky Ferenc, arról informálta Kossuthot, hogy az angolok "... erős Ausztriát akarnak mind az orosz, mind a német ellen, annyiban jó, hogy rendkívül ellenséges az orosz ellen." Továbbá, Lord Palmerston megjegyezte, "... Ausztria oly hatalom, melyet fel kellene találni, ha nem léteznék már, mint európai szükségességet, s Angolországnak szövetségesét keleten"; és tőle nem lehet többet várni, mint "legfeljebb rokonszenvét Ausztria politikájának mérséklésére". Az orosz beavatkozás kapcsán, a várható brit álláspontról érdeklődő cári követnek, Lord Palmerston által adott, a magyarokra utaló válasza közismert: "Talán igazuk van, de végezzenek velük gyorsan.". A szabadságharc bukását követő megtorlás miatt, Lord Palmerston rendkívül éles szavakkal elítélte az osztrákokat, amelyre válaszul – nem éppen diplomatikusan – Felix zu Schwarzenberg herceg, az osztrák miniszterelnök, a kanadai és az írországi szabadságmozgalmaknak a britek általi vérbe fojtására utalt. – Dr. Csermőy-Schneidt Ottó: Nagy magyar államférfiak, Budapest, 1996.; HAZA ÉS HALADÁS. A REFORMKORTÓL A KIEGYEZÉSIG (1790-1867). Encyclopaedia Humana Hungarica 07. - hozzáférés: 2023. június 18.; Pulszky Ferenc Londonba érkezik - hozzáférés: 2023. június 18.
- Az ifjú Ferenc József, a középkorú Miklós cárt, ahogyan azt az orosz hagyomány követelte, kézcsókkal köszöntötte.
- Ferenc József utasítása Haynau részére: "Akaratom, hogy a halálbüntetést csak a legbűnösebb és legveszedelmesebb egyéneken hajtsák végre, és hogy ön a többiek esetében akként éljen az önre ruházott kegyelmezési joggal, hogy megfelelő szabadságvesztésbüntetéssel sújtsa őket. Azokról a személyekről, akiken a halálbüntetést végrehajtották, esetről esetre tegyen jelentést nekem. Ez a rendelkezésem egyébként csak a múltban elkövetett cselekményekre vonatkozik, és nem érinti a Magyarország területére kiterjesztett hadiállapot értelmében haditörvényszék vagy rögtönítélő bíróság elé tartozó, jövőben elkövetendő bűncselekményeket." AZ ARADI VÉRTANÚK. Válogatta, szerkesztette, az előszót és a jegyzeteket írta Katona Tamás. Budapest: Neumann Kht., 2001; - hozzáférés: 2023. június 29.
- Magyar Történelmi Emlékek. Értekezések. A véreskezű kamasztól Ferenc Jóskáig. I. Ferenc József és a magyarok. Szerkesztette: Fónagy Zoltán. MTA Bölcsészettudományi Kutatóközpont Történettudományi Intézet, Budapest, 2018.; Franz Herre: Ferenc József élete és kora, Magyar Könyvklub, Budapest, 2000.
- Az 1849. október 6-án kivégzett tizenhárom aradi vértanú: Kiss Ernő altábornagy, Aulich Lajos, Damjanich János, Dessewffy Arisztid, Knezić Károly, Lahner György, Leiningen-Westerburg Károly, Nagysándor József, Poeltenberg Ernő, Schweidel József, Török Ignác, Vécsey Károly vezérőrnagyok, és Lázár Vilmos ezredes. – Aradi vértanúk továbbá a szintén Aradon kivégzett Ormai Norbert ezredes (1849. augusztus 22.), Kazinczy Lajos ezredes (1849. október 25.), Ludwig Hauk alezredes (1850. február 19.), és az elborult elmével az aradi várbörtönben elhunyt Lenkey János vezérőrnagy (1850. február 8.). – A megtorlás első honvédtiszt áldozata a Temesváron, 1849. augusztus 20-án kivégzett Hruby Gyula őrnagy volt.
- - hozzáférés: 2023. június 18.
- 1855. március 2-án, teljesen váratlanul meghalt I. Miklós cár, a szentpétervári udvar Ferenc Józsefet hibáztatta az uralkodó haláláért, mondván, a cár szíve azért „szakadt meg”, mert I. Miklós nem tudta feldolgozni a "hálátlanságot", azt, hogy az általa kedvelt és segített Ferenc József ellene fordult. A Habsburgokkal korábban jó kapcsolatokat ápoló Romanovok, a kapcsolatok fenntartása ellenére, lassan eltávolodtak a Habsburgoktól, ami a XX. század elejére nyilvánvaló lett. Franz Herre: Ferenc József élete és kora, Magyar Könyvklub, Budapest, 2000.
- A porosz haderő kötelékébe tartózott Klapka György egykori honvédtábornok egysége, a Klapka-légió. Mielőtt az egység a magyar határhoz ért volna, a poroszok visszarendelték őket, mert már az osztrákokkal békét kötöttek. A légió, ennek ellenére, behatolt Trencsén vármegyébe, de pár nap elteltével elhagyták az országot, látták, hogy a vállalkozásuk eredménytelen, a lakosság támogatására nem számíthattak. – A porosz-osztrák konfliktus azt volt hivatott eldönteni, hogy porosz vezetéssel, a kisnémet egység, avagy osztrák vezetéssel, a nagynémet egység valósuljon-e meg.
- Mitták Ferenc: 1000 év – 100 híres történelmi személy, Szent Istvántól Antall Józsefig, Tóth Könyvkereskedés és Kiadó Kft., Debrecen, év nélkül. (2000)
- Ferenc József formálisan sohasem kért bocsánatot a megtorlásáért, de – ahogyan arra Ligeti Dávid, a VERITAS Történetkutató Intézet és Levéltár történésze is rámutatott –, idővel több jelét adta annak, hogy megbánhatta ( - hozzáférés: 2023. június 18.). Ilyen jelek lehettek a következők: Erzsébet királyné Horváth Mihály püspök-történészhez: "Higgye el, hogyha hatalmunkban állana, férjem és én volnánk az elsők, akik Batthyány Lajost és az aradi vértanúkat ismét életre keltenők." (Halász Imre: Egy letűnt nemzedék. Gróf Batthyány Lajos. Nyugat, 1910. 18. szám, - hozzáférés: 2023. június 18.) A koronázási ajándékot, százezer forintot, teljes egészében a szabadságharc honvédjeinek az árvái és özvegyei között osztották szét. Az 1894-ben elhunyt Kossuth Lajos, bár állami temetésben nem részesülhetett, holttestét a család, Ferenc József döntése alapján, vámmentesen hozhatta haza. Az uralkodó 1904-ben arra utasította gróf Tisza István miniszterelnököt, hogy várja a javaslatait II. Rákóczi Ferenc hamvainak hazahozatalát illetően; Rákóczinak és bujdosótársainak hamvait 1906-ban ünnepélyesen haza is hozták.
- KOSSUTH LAJOS ÜZENETEI. Szabad György összeállítása. Budapest: Neumann Kht., 2004; - hozzáférés: 2023. június 25.
- - hozzáférés: 2023. június 18.
- Archiválva 2023. június 20-i dátummal a Wayback Machine-ben - hozzáférés: 2023. június 18.; - hozzáférés: 2023. június 18.
- - hozzáférés: 2023. június 18.
- Az ellenzéki koalíció vezérlő bizottsága 1904. november 19-én alakult meg, összetétele az idők folyamán változott. Tagjai voltak, többek között: Kossuth Ferenc, Justh Gyula, Thaly Kálmán, Polónyi Géza, Barabás Béla, Ugron Gábor, Apponyi Albert, Batthyány Tivadar, Zichy Aladár, Vázsonyi Vilmos, Bánffy Dezső, Hock János, Rakovszky István, Eötvös Károly, Károlyi István, Szederkényi Nándor, ifjabb Andrássy Gyula és Darányi Ignác. Eötvös Károly: HARCZ AZ ALKOTMÁNYÉRT, Budapest, MXMIX, Révai Testvérek., - hozzáférés: 2023. június 24.
- A megállapodás előkészítésében vezető szerephez jutott Barabás Béla és Polónyi Géza, ő később igazságügy-miniszter lett. – Apponyi Albert grófnak a visszaemlékezései szerint (gróf Apponyi Albert: Emlékirataim, Helikon Kiadó, Budapest, 2016), 1906 április elején, Ferenc József őt is fogadta; sőt, másokat is fogadott, nemcsak ifjabb Andrássyt és Kossuthot. (Apponyi és "mások" fogadása, úgy tűnik, azonban már a második Wekerle-kormány tagjainak az eskütételéhez kapcsolódott.)
- A Monarchia és az Orosz Birodalom 1877-ben megkötött budapesti szerződésében, Oroszország megígérte a Monarchiának azt, hozzájárul, hogy a Monarchia megszállhassa Boszniát, a Monarchia pedig ahhoz járult hozzá, hogy Besszarábia visszakerüljön Oroszországhoz, és semleges marad egy orosz-török háborúban, ami 1877-ben ki is robbant. – A Monarchia egyes vezetői, közöttük Andrássy is, a következők miatt tartották szükségesnek Bosznia és Hercegovina birtoklását: Egyrészt, a régió megfelelő hátországként, megerősíti – a Monarchián belül, az Osztrák Császárságnak a részét képező – Dalmáciának a biztonságát. Másrészt, ha Szerbia és Montenegró válik Bosznia-Hercegovina birtokosává, és ezáltal új, délszláv államalakulat jön létre, az a Monarchiát veszélyezteti; továbbá, ha a Monarchia, egy ilyen államnak a megalakulását, nem akarja, vagy nem tudja megakadályozni, az a Monarchia önfeladásával lesz egyenértékű. – Szerbia, Montenegróval együtt, az 1875-ben, Boszniában kirobbant, törökellenes felkelőknek a megsegítésére hivatkozással, 1876-ban hadat üzent az Oszmán Birodalomnak, bízva Bosznia megszerzésében, a törököktől azonban vereséget szenvedtek. Oroszország, a győztes törökök megállítása céljából (akik a bolgár felkelőket is leverték), 1877-ben, hadat üzent az Oszmán Birodalomnak, így robbant ki a már említett, 1877-78-as orosz–török háború.
- A kettős szövetség lett az alapja az első világháború egyik szövetségesi tömbjének, a központi hatalmaknak; a szövetség a németek részéről a franciák ellen is irányult, nemcsak az oroszok ellen.
- 1886. szeptemberben, az orosz politika kilátásba helyezte Bulgária megszállását. Tisza Kálmán magyar miniszterelnök, élesen tiltakozott a megszállás terve ellen, ezt a fellépést – a Monarchia dualista szerkezetéből adódóan – a közös külügyminiszter, Kálnoky Gusztáv gróf, nem hagyhatta figyelmen kívül, és fel is adta azt a külpolitikai álláspontot, hogy Bulgária orosz érdekszférának minősül. Olyan erős lett Oroszország és a Monarchia közötti feszültség, hogy 1887 nyarától, az oroszok csapatokat vontak össze a közös határon, de végül harcok nem robbantak ki, a háborús feszültség 1888 elejére feloldódott. – Bulgáriát végül az oroszok nem szállták meg.
- A magyar királyi címbe beletartózott a "Ráma királya" cím is; "Ráma" a középkorban Boszniát jelentette. Lásd: - hozzáférés: 2023. június 18.
- Az Orosz Birodalom nem kapta meg azt, hogy hadihajói a török tengerszorosokon áthaladhassanak. Nagy-Britannia ezt annak ellenére ellenezte, hogy az Antant már létrejött; az 1904-es angol-francia szerződés megkötését, az 1907-es angol-orosz szerződés megkötése követte; a francia-orosz szerződést már 1892-ben megkötötték. A francia-orosz megállapodás előzménye az volt, hogy 1890-ben, amikor már Bismarck nem volt hatalmon, a németek nem hosszabbították meg az oroszokkal az 1887-ben, három évre megkötött, viszontbiztosítási szerződést, és ez a magára maradt oroszokat, a franciák felé orientálta.
- Franz Herre: Ferenc József élete és kora, Magyar Könyvklub, Budapest, 2000.
- Ferenc Ferdinánd feltehetően nem ismerte azt a felhívást, ami 1913. december 3-án, a Chicagóban megjelenő szerb újságban („Srbobran” /„Szerbvédő”/) volt olvasható: „Az osztrák trónörökös tavaszra bejelentette látogatását Szarajevóba… Szerbek, ragadjátok meg, ami a kezetek ügyébe esik… Halál a Habsburg-dinasztiára, dicsőség ama hősöknek, akik kezet emelnek rá.”. Franz Herre: Ferenc József élete és kora, Magyar Könyvklub, Budapest, 2000. – Az időpont választása nem volt szerencsés: Az ortodox naptárban június 28-a csak június 15-e volt, amely a „Vidovdan”, azaz, Szent Vitus (Vid) napja, amely gyásznap a szerb történelemben, ezért a merénylet szervezői provokációnak tartották a trónörökösnek a hadgyakorlattal egybekötött látogatását. 1389-ben ugyanis ezen a napon, az első rigómezei csatában, a szerbek döntő vereséget szenvedtek az oszmán-törököktől.
- Tisza István az 1914. november 5-én kelt levelében, amelyet a német kormányhoz intézett, maga írja azt, hogy a háborút a Monarchia a német kormány „közvetlen buzdítására” kezdte meg. Fejtő Ferenc: Rekviem egy hajdanvolt birodalomért. Ausztria-Magyarország szétrombolása. Atlantisz-Minerva, Budapest, 1997.
- A két állam viszonyában azonban nem volt példa nélküli: Obrenović Mihály fejedelem, Belgrádban, 1868. június 10-én történt meggyilkolása után, mivel a szerb kormány állítása szerint, a merénylők a Monarchia területén voltak fellelhetőek, oda menekültek; a Monarchia lehetővé tette a szerb hatóságoknak a Magyar Királyság területén történő eljárásukat. – Szerbia maga mögött tudhatta az Orosz Birodalom támogatását. Spalajkovićnak, Szerbia szentpétervári nagykövetének a Belgrádba, 1914. július 26-án küldött táviratában ez állt: „A jelen pillanat óriási horderejű, mivel Oroszország el van szánva arra, hogy elmenjen a legvégsőkig és történelmi tettet hajtson végre. Nézetem szerint, ragyogó alkalom kínálkozik számunkra, hogy az eseményt okosan használjuk ki és megvalósítsuk a szerbek teljes egyesülését. Ezért kívánatos, hogy az Osztrák-Magyar Monarchia megtámadjon bennünket.” Elisabeth Heresch: II. Miklós. Gyávaság, hazugság, árulás. Az utolsó orosz cár élete és halála. Magyar Könyvklub, Budapest, 1995. – E távirat küldése előtt, Raymond Poincaré francia köztársasági elnök szentpétervári látogatása során (1914. július 20-23.) hangzott el, a francia elnök és Szergej Dmitrijevics Szazonov orosz külügyminiszter találkozóján, hogy „Nem az a fontos, hogy elkerüljük a háborút, hanem az, hogy úgy tűnjék, mintha mindent elkövettünk volna, hogy elkerüljük.” Fejtő Ferenc: Rekviem egy hajdanvolt birodalomért. Ausztria-Magyarország szétrombolása. Atlantisz-Minerva, Budapest, 1997. – Nikola Pašić elképzeléseitől nem állt távol a Monarchia elleni fellépés. A Szerbia jelentős megerősödését hozó Balkán-háborúk befejezését követően kijelentette: "Az első menetet megnyertük, s most a másodikra kell készülnünk, Ausztria ellen.". Romsics Ignác: Nemzet, nemzetiség és állam Kelet–Közép– és Délkelet–Európában a 19. és 20. században. Helikon Kiadó, Budapest, 2020.
- 1914. augusztus 1-e és 12-e között német-orosz, német-francia, angol-német, osztrák-magyar–orosz, illetve angol-francia–osztrák-magyar hadüzenetekre került sor.
- E szócikk nem tér ki a háború eseményeire, illetve a háború alatti más történésekre.
- Magyar kormányok IV. Károly trónra lépésétől a lemondásáig: második Tisza István-kormány, Esterházy-kormány, harmadik Wekerle-kormány, Hadik-kormány, Károlyi Mihály-kormány.
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- Fernando Carlos de Habsburgo-Lorena (1754-1806), archiduque de Austria, hijo de María Teresa de Austria y de Francisco III de Lorena, se casó en Milán en 1771 con la princesa María Beatriz de Este (1750-1829), hija única de Hércules III de Este, último duque de Módena y Reggio de la dinastía Este, y María Teresa Cybo-Malaspina, última duquesa de Massa y princesa de Carrara de la dinastía Cybo-Malaspina. El hijo de Fernando y María Beatriz, Francisco IV de Habsburgo-Este (1779-1846), y su nieto Francisco V de Habsburgo-Este (1819-1875), hijo de Francisco IV, fueron los dos últimos soberanos que reinaron sobre el Ducado de Módena y Reggio y el Ducado de Massa y Principado de Carrara, antes de su anexión en 1859 al Reino de Italia.
- El descendiente real y último de esta rama menor fue el duque Francisco V, fallecido en 1875. Sin embargo, cedió su nombre, títulos y gran parte de sus bienes a su primo Francisco Fernando de Austria, con la condición de que añadiera el apellido "Este". Francisco Fernando, sin embargo, no era descendiente real de la familia Este, y sus hijos nacieron de un matrimonio morganático. No obstante, el emperador Carlos I de Austria otorgó las armas, títulos y nombre de la familia Austria-Este a su hijo Roberto y a sus descendientes. El hijo de Roberto, Lorenzo, es el actual jefe de la Casa.
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